Vertige 


Vertige

à trop plier je dors debout à bâton rompu j’avance un pas de côté deux pas en arrière fuite en avant face au mur je fais face au vide j’ai les mains qui tremblent je suis arcboutée les silences sont des crissements de cristal Vertige j’ai froid la nuit du corps les fourmis dans le pied je reste plantée lasse je tremble sue devant la glace Vertige à la peur de ces mots entassés pas encore prononcés de déjà trop saccadés vertige sous la peau le silence à ma nuque vertige de la houle des sifflements s’insèrent et des poings acérés vertige de murmure en murmure je porte ma voix j’emporte un petit bout un morceau de toi des marques sur les bras. J’ai vidé mon sac effacé les notes froissées vertige
comme je vis à la hauteur de la tonalité virgule et passe bascule de l’autre côté du miroir je te parle je te bouscule je t’attrape avec ces mots loin résonne à terre vertige ce qui te brise et t’enlise j’ai troué le fil déplacé l’armoire sous le tapis Vertige dans ces mots désarticulés je racle ma gorge je tape et perce ton palais Vertige à ma bouche Vertige ce parfum qui te transperce les tympans tremble encore hurle une fois je suis l’arme devant la glace de Vertige est ma voix

boite à l’être

La boite contient les mots, les maux, les maux, les mauvais motifs motivés
enfermez le mauve émotif dans la boite à l’être,
où est l’alpha, l’alpha bêta, battant, battu, l’alpha bâti la lettre et
l’étrange l’étranger est, est, est, un christ aux outres, outre, outrage à la rage dépossédée de son t
La, là, là, là, l’âge cherche l’être, l’âge de l’être, lettrage, lettrage, les tragédies, ont dis, dis, dix maux,
ont dix maux, on dit maudits soit lettre

et l’autre en l’être lutte, lutte pour être lu et s’il est lu, l’élu, il est prié de se taire, taire, taire de se de
se de se taire dans sa hutte qu’un simple « c » laisse entendre chute
ainsi l’élu dans sa cahutte au c bien accroché est tombé en silence
dans sa chute l’être en lutte attend
il attend l’étaux,
il entend l’étonnant murmure
mais l’être qui n’est plus lu mais pas encore tout à fait entendu, se prépare à être l’étendu

Arrivé à destination, l’être qui n’est plus lu mais cette fois-ci bien étendu est assommé,
Et lorsqu’à terre on lui ordonne de se taire
Il est trop tard
il est sorti
il est sonné le sonnet assommé
Et même quand il embrasse la terre,
Il garde ce « c » que passé voudrait lui faire perdre la rime,
Une rime tronquée contre un crime
Il est venu damné
Il est devenu condamné
Sans trop savoir à quoi il aurait dû céder
Sans s’aider, c’est un cri qu’il a poussé
C’était la première fois qu’on l’entendait parler